mercredi 16 septembre 2015
jeudi 6 août 2015
Les différents milieux (Part 2)
Voici les "iles"!
A lire au choix : Sur le site Albert-Trekking : Les îles
ou ci-dessous tout simplement.
Eaux turquoise, sable fin, soleil, nature exceptionnelle... les îles sont des appels aux rêves et aux mythes. Pour preuve, au substantif “île”, l’adjectif “paradisiaque” est le plus souvent apposé. Les Grecs y faisaient vivre le panthéon des dieux. Plus tard, au Moyen Age, on y situait le jardin d’Eden, et au XVIe siècle, une île était le théâtre du mythe de l’Utopie. Mythes de l’Atlantide, de Thulé, d’Avalon… Mystères de l’île de Pâques, des îles de pirates...
Qu’est-ce qu’une île ? Très prosaïquement, la géographie la définit comme une masse de terre entourée d’eau de manière temporaire ou permanente. Une terre qui se prête à l’habitation humaine et à une vie économique propre. Une île peut être de la taille d’un continent ou de très petite superficie, comme l’atoll de Vaitupu dans l’archipel des Tuvalu (environ 5,6 km2).
• Après la dernière glaciation, certaines parties intégrantes d’un continent ont été isolées par la montée des eaux. L’exemple le plus proche de l’Europe est la Grande-Bretagne.
• La Corse et la Sardaigne se sont détachées du radeau initial européen pour suivre leurs propres errances. Tout comme l’Australie faisait corps avec l’Antarctique avant de s’échapper vers le nord. La dérive des continents est à l’origine de ces îles.
• Les îles volcaniques surgissent des flots par accumulation de matière lors des éruptions (Hawaii, La Réunion, les Açores...).
• Certaines de ces îles volcaniques servent de support au développement d’un anneau de corail avant de s’éroder et de disparaître de la surface de l’eau. Ce sont les atolls des Maldives ou de Tahiti, par exemple.
• Enfin, il existe des îles artificielles qui permettent d’accroître la surface utile à la population comme les îles-radeaux de roseaux des Uros qui flottent sur le lac Titicaca.
Et pour le trekkeur ?
Il y a tout d’abord le tropisme. Nulle part ailleurs on ne peut admirer un coucher et un lever de soleil sur l’horizon plan de l’océan. Nul autre espace (si ce n’est le désert) jouit d’une image si intimement liée au soleil.
Le paradoxe du trekkeur est de rechercher tout à la fois cet “isolement” dans les différents milieux qu’il fréquente (la montagne, les déserts et les îles), tout en partageant cette aventure avec des compagnons.
L’espace limité des îles, que l’on peut s’approprier aisément, est un avantage. Le voyageur repart le plus souvent avec avec le sentiment d’avoir fait le “tour” des lieux.
Tant de choses à découvrir…
— Des sentiers originaux comme les levadas (canaux d’adduction d’eau) qui courent de part et d’autre des vallées et des volcans de Madère, ou les sentiers côtiers taillés dans la lave du Cap-Vert.
— Une rencontre avec une culture oubliée : les mystères des moais de l’île de Pâques, les Akas néozélandais...— Une langue singulière comme le créole des Antilles, le catalan des Baléares...
— Une activité économique hors du temps : la pêche à la morue au large des Lofoten, les cultures maraîchères sous serre d’Islande...
— L’activité volcanique d’une grande majorité d’entre elles : les Eoliennes, Hawaii, les Aléoutiennes...
— Une faune surprenante : les kangourous, les opossums d’Australie, les lémuriens de Madagascar ou les varans géants de Komodo...
— Une flore endémique : les “sabres d’argent” de Maui à Hawaii, le pin des Canaries...
— Les fonds sous-marins des Maldives, des Seychelles ou de Port-Cros, que l’on découvre simplement avec un masque et un tuba.
Et, partout, le sourire des insulaires. Que l’on soit à Bali, en Crète, à Cuba ou au Groenland, l’accueil des îliens est direct, vrai et sincère.
L’île est donc “isolée” du reste du monde. Les deux mots, île et isolement, trouvent leur étymologie dans la même racine latine.
Les îles ont servi et peuvent encore servir d’isolement naturel à l’homme. Qu’il soit volontaire comme celui de Gauguin et Brel dans les Marquises ou forcé comme celui de Napoléon sur les îles d’Elbe et de Sainte- Hélène, Mandela sur Robben Island Cap, Papillon au bagne de Cayenne.
Sur l’Hudson, non loin de Liberty Island où s’élève la statue de la Liberté, Elis Island fut quant à elle la porte d’entrée d’un continent pour les immigrés au début du XXe siècle.
mardi 4 août 2015
Maiden Saleh, ersatz de Petra ?
Hergé mettait alors le doigt sur les enjeux économiques des
années futures et annonçait les chocs pétroliers de la fin du siècle. L’action
se situait en grande partie dans un Etat imaginaire : le Khemed. A la lecture de ces bandes dessinées, il est frappant de constater
que les paysages du Khemed sont plus proches de l’Arabie Saoudite que de
la Jordanie. Pourtant, c’est bien Petra que le dessinateur a reproduit en
dessinant le Siq et le Khazneh d’après les lithographies de David Roberts.
Hergé savait-il qu’il existe en Arabie Saoudite une autre
cité nabatéenne du nom de Maiden Saleh ?
Avant que ne s’amorce le phénomène de désertification, il y
a 30 000 ans, la péninsule Arabique bénéficiait d’un climat plus frais et
humide qu’aujourd’hui. Au fil des années sans pluie, savanes et lacs ont
disparu, laissant dans le paysage des reliques de cette époque. Le site de
Maiden Saleh se cache dans le nord du pays, à
400 kilomètres de Médine, dans une plaine alluviale où sont disséminées des
tours de grès. Aujourd’hui, le désert gangrène ce paysage rugueux, et les
maisons du village d’Al Ula, tout proche, se blottissent autour d’une petite
oasis. Au fond d’une gorge, les maigres palmiers dattiers et les jardins sont
encore cultivés grâce à la pugnacité des habitants et portent fièrement leurs
couleurs, le vert, comme un défi au désert avoisinant.
Le prophète et la légende de la chamelle miraculeuse
F
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ier, Hatem, notre guide, l’est aussi, dans sa djellaba
immaculée et coiffé du traditionnel keffieh rouge et blanc. Il nous accueille
sur le parvis de l’unique hôtel du village. On le croirait tout droit sorti des
aventures de Tintin. Il pourrait être le tuteur du jeune et odieux prince
Abdallah.
Mais, très sérieusement, Hatem, en sa qualité de
guide-interprète, est mandaté par la
Commission du tourisme et des antiquités. Il est chargé de faire découvrir la
cité nabatéenne de Maiden Saleh à notre petit groupe.
L’homme est très érudit, croyant. Il commence par nous
expliquer autour d’un verre de thé, qu’il
y a treize siècle, le Coran faisait déjà mention d’une cité où les hommes
habitaient des maisons creusées dans les rochers.
Maiden Saleh tire
son nom d’une légende, que l’on retrouve dans le Livre Saint. Le
prophète Saleh envoya aux Tamûds, une tribu de pasteurs vivant dans cette
partie du désert, une chamelle miraculeuse comme preuve de l’existence d’un
seul et unique dieu. Cette chamelle
avait le pouvoir d’abreuver de son lait tous les habitants d’une ville
ancienne. Sceptiques, les hommes de la tribu tuèrent la chamelle miraculeuse…
Outrage au prophète et à son dieu ! Trois jours après, le temps d’un
souffle, les Tamûds disparurent à tout jamais de la surface de la Terre.
Ces nomades du grand désert arabique ont commencé par
piller les caravanes de marchandises puis, rapidement, ont établi des comptoirs
d’échange et des caravansérails dans le désert, afin d’avoir la main- mise sur
les richesses.
On retrouve ainsi leurs traces le long d’un axe sud-nord, entre
le désert d’Arabie, le wadi Ram, dans l’actuelle Jordanie, et le Néguev.
La cité de Maiden Saleh est aussi appelée Hegra ou encore Al
Hijr par l’Unesco, qui a inscrit ce site archéologique en 2008 sur sa liste des
sites remarquables.
Hatem poursuit en notant que le site a été répertorié en
1876 par Charles Doughty, un écrivain voyageur dans la tradition anglaise. Il
termine cette présentation sur une citation de Flavius Joseph. Dans ses
mémoires, le Romain (dont le nom est inscrit sur le fronton d’un tombeau de
Petra) décrivait les Nabatéens en ces termes : « Ce sont des nomades vivant sous la tente, ils n’ont pas de
maison, ne boivent pas de vin et élèvent des moutons et des chameaux. »
Bâtisseurs
d’empire : les Nabatéens
u village d’Al Ula, nous montons dans des 4X4 rutilants pour
parcourir 20 kilomètres d’une piste sèche et poussiéreuse et déboucher au
détour d’une clôture sur un guichet planté au milieu de nulle part. Un petit
homme nous délivre les tickets d’entrée et comptabilise les quelques rares
visiteurs.
Hatem explique que le site archéologique de Maiden Saleh est
fermé depuis 1985, afin de le protéger des dégradations. En effet, les Bédouins
de la région ne voient pas d’un bon œil un afflux touristique. Afflux
touristique est un bien grand mot : nous ne rencont
rerons pas un seul touriste durant notre séjour.
Le paysage n’a rien à voir avec Petra. Alors qu’en Jordanie
l’ancien caravansérail se cache dans un labyrinthe de djebels rocheux, ici, une
plaine s’ouvre à nous, immense et rude, battue par les vents. Seuls quelques
acacias et quelques touffes de graminées supportent les lourds rayons du
soleil. Au loin, les buttes rocheuses propices aux constructions
troglodytiques.
« Les Nabatéens
sont devenus de redoutables commerçants et des bâtisseurs hors pair »,
commente Hatem devant la première façade.
Ils commençaient la taille des façades par le haut des
buttes rocheuses. Après chaque étape de la construction, la plate-forme
façonnée à même le grès était détruite. Ils n’utilisaient pas
d’échafaudage !
On retrouve sur les façades ce que les archéologues
appellent le style « nabatéen » : des pyramides égyptiennes, des
frontons grecs, des merlons (escaliers à l’envers) mésopotamiens. Les Nabatéens
s’appropriaient l’architecture des autres grandes civilisations avec qui ils
commerçaient.
La richesse du site est
estimée à plusieurs centaines de monuments. Actuellement, 138 tombeaux rupestres ont été répertoriés.
Hatem nous emmène plus loin, son œil pétille, il veut
absolument nous montrer les inscriptions gravées sur la falaise à droite d’un
tombeau. Car si les façades de Maiden Saleh sont moins décorées qu’à Petra –
seuls quelques griffons, serpents et aigles ornent les façades –, il faut voir
dans les nombreuses inscriptions l’une des richesses du site.
L’écriture nabatéenne, issue de l’écriture araméenne, est la
base de l’alphabet moderne arabe. Très peu d’archéologues sont capables de la
déchiffrer et d’en comprendre le sens. Généralement, ce sont des ordres de
construction ou des messages aux dieux nabatéens. Dushara, l’entité mâle, et El
Uzza, l’entité femelle. Les représentations divines, de simples pierres
appelées bétils, étaient exposées
dans des niches.
Des canaux courent sur toutes les collines, alimentent des
citernes creusées dans la roche pour
récupérer les eaux de pluie. Le système d’adduction d’eau était une des
spécialités nabatéennes. Pourtant, ici, dans cette plaine, relique d’une oasis,
la nappe phréatique était à moins de dix mètres de profondeur quand les frères
dominicains Antonin Jaussen et Raphaël Savignac
redécouvrent le site en 1907.
Depuis, 131 puits ont déjà été mis au jour par les archéologues. Un
mystère…
Au détour d’une faille, se cache l’unique triclinium recensé de l’ancienne ville.
Un triclinium est une sorte de salle
de réception, ou de salle à manger, que l’on pense être
« communale », puisque, à ce jour, c’est le seul édifice retrouvé
dans tout le site. On en dénombre plus de cinq à Petra, mais tous ont des
proportions plus modestes.
Taillée dans la falaise, la pièce est immense. Au sol, je compte mes pas et estime
la largeur et la longueur à plus de 20 mètres x 20 mètres, et le plafond semble
plus haut encore.
Des citernes d’eau sont creusées de chaque côté de l’entrée.
Et l’on retrouve bien les trois banquettes, taillées elles aussi dans le grès,
à droite, à gauche, et au fond. Ces banquettes présentent un petit décrochement
sur lequel étaient déposés les plats pour les convives. Hatem précise que les
scientifiques avancent l’hypothèse que le roi nabatéen servait lui-même ses hôtes
lors des banquets.
Face visible et face
cachée
A l’écart du site principal, se dresse un monolithe
isolé : « l’Unique ».
Façade monumentale taillée dans un bloc de grès défiant la
platitude monotone du désert environnant, l’Unique porte bien son nom. Il se
dresse tel un point d’interrogation sur cette civilisation nabatéenne disparue.
Les façades étaient-elles des tombeaux, des salles de culte
ou tout simplement des devantures de magasin ?
C’est certainement en fouillant le sable au milieu des blocs
rocheux pour exhumer la ville avec ses commerces, ses places, ses rues et ses
habitations que nous en apprendrons plus. Les scientifiques ont la certitude
que le site actuel de Maiden Saleh est un iceberg. Le plus important se cache
sous terre…
De quoi faire rêver des générations d’archéologues.
mercredi 1 juillet 2015
L’effet Papillon
Etat d'âme
Je suis arrivé à Dubrovnik un jour où il
neigeait. C’était la première fois que Goran voyait de la neige dans sa
ville ; son père Darko aussi. Son grand-père Ivan se souvenait qu’une
fois, il y a très longtemps, c’ était déjà arrivé.
J’ai rencontré Joao, un chauffeur de taxi qui
attendait ses clients en faisant du body-building. Il avait dans le coffre de
sa voiture des altères et un rameur. C’était à Madère.
Aux Açores, Zacarias, un autre chauffeur de
taxi, était fou amoureux de Dolorès. Mais, elle ne le savait pas.
Dans une île paradisiaque des Cyclades, j’ai
discuté longuement avec un serveur qui ne travaillait l’été que pour faire du
ski en hiver. Ses skis étaient dans un angle de la salle du restaurant, toujours
dans son champ de vision.
J’ai grimpé avec Farswad, qui voulait devenir
un grand alpinisme et gravir les plus hauts sommets de la planète. Il était
iranien et ne pouvait pas sortir de son pays.
À Islamabad, Hussein, un policier qui n’en
avait que faire que je lui raconte que j’avais raté mon avion, me tenait
fermement le bras. Je n’avais pas de visa et il voulait me mettre en prison.
J’ai rencontré Zhang, un pêcheur chinois qui
pouvait naviguer n’importe où en mer de Chine. Les pirates le laissaient tranquille ;
lui-même était pirate.
J’ai bu le maté avec Claudio, un gaucho qui, tous les soirs, attendait
sur son cheval que le soleil se couche, illuminant au loin les montagnes du
Paine. Tandis qu’il buvait et admirait les couleurs, son troupeau de moutons se
dispersait dans la pampa.
J’ai parlé à Suzanne, une vieille
Américaine. Elle était archéologue et
continuait à fouiller, seule, les vestiges d’un village néolithique. La mission
était officiellement terminée depuis quatre ans. C’était dans le Sud de
l’Egypte.
Sief, un très vieux Yéménite, rentrait à pied
dans son village ; il avait acheté une kalachnikov au souk. Comme elle
était trop lourde pour lui, il m’a demandé de la lui porter. Je suis retourné
au souk le lendemain pour acheter des cartouches.
J’ai rencontré un chef de village camerounais
qui avait 46 femmes. J’ai perdu le carnet sur lequel j’avais dessiné leur
portrait au crayon de papier. Dommage… j’avais indiqué le nom de chacune
au-dessous des esquisses.
J’ai passé de longues nuits sous les étoiles
en compagnie d’un chamelier au Niger. Avec ses onze chameaux, il transportait
du sel entre les salines d’Adramor et Agadez. Il rêvait qu’il plantait des
palmiers dattiers dans une oasis et qu’enfin, il pouvait se poser.
J’ai rencontré Ace, un Navajo qui sniffait de
la colle quand il n’avait plus d’argent pour le crack. Il se faisait houspiller
par Emmanuelle, une institutrice périgourdine en mission
de coopération dans la réserve.
Dans la Tadrart, au creux d’un
abri-sous-roche, je suis tombé amoureux de la
femme. Elle venait d’un autre temps, fine et délicate peinture rupestre, divine
représentation de la femme en seulement trois traits.
J’ai habité plus de deux ans à
Marrakech. Je passais tous les jours devant un mendiant aveugle assis non
loin de la place Djema el Fna’a. Me sentant arriver, il me donnait la météo et
me prédisait que j’allais mourir… Il terminait hilare : « Pas tout de
suite, Patron. Tu profiteras du soleil encore aujourd’hui. » Je continuais
ma route, en lui répondant : « Je te souhaite la même chose,
Ali ! »
Une nuit en sortant d’un bar à Dar el Salam,
j’ai croisé la route d’un gang de jeunes délinquants ivres et bruyants. Je n’ai
pas eu à sortir mon couteau, on s’est juste croisés.
J’ai fait un bout de piste dans un taxi-brousse
en Casamance, entre deux militaires. L’un d’eux s’était endormi, son FSA entre
les jambes, le doigt sur la gâchette, quand un pneu a éclaté. Il s’est éveillé
en sursaut en appuyant sur la détente. Le toit de la 4L n’a pas résisté et mon
oreille droite a sifflé pendant trois jours. Je ne me souviens plus comment
s’appelaient les soldats.
À Ushuaïa, j’ai rencontré Zita, une danseuse
de tango qui voulait aller à Buenos Aires pour danser dans une revue. Aux
dernières nouvelles, elle dansait dans la rue, dans le quartier de la Boca.
En Tunisie, j’ai pris en stop Mohamed et sa
vieille télévision, il allait regarder un match de foot chez Ali plus loin… à
plus de 20 kilomètres. J’ai vu le match Tunis–Gabes : 2 partout - égalité.
En Roumanie, Constantin, ivre de vodka,
voulait forcer l’entrée du château de Bran en pleine nuit pour me prouver que
Dracula était mort.
À Hanoï, je n’ai jamais su le nom du portier
de la fumerie d’opium. Il ne m’a jamais laissé entrer.
Avec Waheel, on a pris une voiture et on a
traversé le désert jordanien pour aller visiter Bagdad. Je n’avais pas de
papiers, c’était une folie ; on a bien rigolé.
À Jérusalem, j’ai vu un Rabin et un Imam
attablés ensemble à une terrasse. Ils discutaient de choses et d’autres en
sirotant un café au lait à la cardamome. Comme quoi, c’est possible. Je n’ai
pas oublié d’écrire un vœu sur un petit bout de papier que j’ai confié à une
fissure du Mur des Lamentations.
Je suis allé trois week-end de suite à
Auschwitz. À chaque fois, il y avait une jeune fille, Sarah, qui déposait une
gerbe de fleurs devant le bloc 5. Je me demande si elle y est encore
aujourd’hui.
Un soir, j’étais à une représentation en
plein air d’une version moderne de La Traviata, et j’ai vu un très gros
papillon multicolore qui profitait des projecteurs. Il virevoltait dans la
lumière, passant et repassant sur la scène. Il allait d’un chanteur à un autre,
en suivant le tempo, rappelant à tous les invités que le plus beau des
spectacles, c’est la vie.
vendredi 12 juin 2015
On y parle aussi d'escalade (part 3)
Livre
Bone
Georges Chesbro
Édition Rivages / Noir
« Bone » erre dans les rues de Big-Apple sans
lâcher une seconde un fémur humain fossilisé. Quel traumatisme l’a rendu
amnésique et lui a fait perdre l’usage de la parole ? Qui est-il ?
D’où vient-il ? Quel rapport a-t-il avec les meurtres des sans-abri de New
York que l’on retrouve décapités ?
Avec l’aide d’Anne, employée des services sociaux de la
municipalité, Bone va effectuer sa longue remontée des ténèbres de
l’inconscient grâce à l’escalade. L’auteur se sert de ce prétexte pour nous
brosser un tableau très réaliste des milliers de sans-abri qui survivent dans
les grandes métropoles en marge de la société.
Les allusions à la montagne et à l’escalade apparaissent au
fil de ce thriller. Dès le premier chapitre, les buildings de New York sont
comparés à une chaîne de montagne. Au fil du livre, le subconscient de Bone
laisse ressurgir des bribes de souvenir et c’est toujours en termes d’escalade
ou de montagne qu’il les exprime (chute, sommet, prise cassée…)
Plusieurs fois Bone s’interroge sur sa vie antérieure en
observant les seuls indices en sa possession : son corps souple et musclé
et l’état de ses mains marquées presque déformées.
Pour les besoins de l’histoire, Georges Chesbro mélange un
peu escalade et spéléologie mais c’est bien au cours de l’ascension en solo de
Hook Mountain dans le parc national de Nyak Beach que notre héros recouvre la mémoire.
mercredi 27 mai 2015
On y parle aussi d'escalade
Livre
Un homme est tombé
Tony Hillerman
Édition Rivages / Noir
Lors de l’ascension de « Ship Rock », une cordée de grimpeurs découvrent le squelette d’un homme, prisonnier à jamais du vaisseau de pierre comme le fut « Tueur de Monstre » dans la mythologie Navajo.
Cette affaire n’est pas sans rappeler à Joe Leaphorn, le légendaire lieutenant de la police tribale navajo, l’énigme non résolue de la disparition de Harold Breedlove, un riche propriétaire terrien. Aujourd’hui à la retraite, il reprend volontiers du service pour aider Jim Chee, officiellement chargé de l’enquête afin d’élucider ce mystère.
Tony Hillerman en grand spécialiste du polar ethnologique nous emporte dans une intrigue riche en détails que l’on s’évertue à reconstituer comme un puzzle… Finalement il posera lui-même la dernière pièce.
Concernant les aspects techniques de l’escalade, Hillerman de son propre aveu (*), s’est documenté auprès de spécialistes américains. Il s’est rendu plusieurs fois à Zion Canyon et à Moab (les grands sites à proximité de chez lui) pour interviewer des grimpeurs et les observer en action.
Il en résulte des descriptifs précis de l’activité et du matériel qui reflètent tout à fait le style d’écriture du livre. Il en va de même de l’idylle naissante entre Jim Chee et sa jeune et séduisante assistante Bernadette Manuellito...
(*) Autobiographie de Tony Hillerman
Rares furent les déceptions
Editions Rivages / Noir
Rares furent les déceptions
Editions Rivages / Noir
mercredi 6 mai 2015
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